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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 21:57
Manifestation de soutien à la Palestine le 19-07-2014 à Clermont-Ferrand

Manifestation de soutien à la Palestine le 19-07-2014 à Clermont-Ferrand

Monde – gaza -Pierre Barbancey - armée israélienne

 

A Gaza : « Je demande aux pays du monde de protéger nos enfants »

Pierre Barbancey - Samedi, 19 Juillet, 2014

A Gaza : « Je demande aux pays du monde de protéger nos enfants » !

Au moins 41 Palestiniens ont péri, ce samedi, dans des frappes israéliennes contre la bande de Gaza. Reportage à Jabaliya des milliers de personnes tentent d’échapper au massacre alors que les bruits sourds des chars israéliens résonnent sans discontinuer.

Cette nuit, l'armée israélienne s'est encore déchaînée. Les fusées éclairantes embrasaient le ciel alors que les bruits sourds des tirs de chars résonnaient sans discontinuer. Comme un boucher qui aplatit la viande pour mieux l'attendrir. Déjà 312 Palestiniens tués. 80% sont des civils. Beaucoup de femmes et d'enfants. L'opération, lancée jeudi soir après dix jours de bombardements, a fait 65 tués côté palestinien, dont 15 étaient âgés de moins de 18 ans. Côté israélien, deux morts: un soldat et un colon. Pour la seule journée de vendredi, 52 personnes ont trouvé la mort dans la bande de Gaza. Bloody Friday !

 

 

 

A Gaza : « Je demande aux pays du monde de protéger nos enfants » !

Si le centre de Gaza city est épargné, les quartiers périphériques - ceux qui s’étendent jusqu’à la frontière avec Israël, à l’est - en revanche sont sous le feu incessant de l’artillerie et des blindés israéliens. Au nord, c’est l’enfer. Raed Chahine, un ambulancier, explique que « depuis 24 heures on n’a pas arrêté ». Posté près de son véhicule de secours, prêt à démarrer, il parle des « bombardements incessants à Beit Lahiya, Beit Hanoun et Jabaliya ». Il raconte cette frappe qui a touché un immeuble de huit étages et d’où un habitant a sauté dans le vide, s’écrasant en contrebas, du bloc de béton qui est tombé sur l’ambulance alors que même eux avait du s’abriter pour échapper au déluge de feu. « Même nous, nous sommes sous pression », dit-il.

 

Difficile d’approcher les zones de combats. De Jabaliya nous tentons d’accéder à Beit Hanoun mais les routes sont désertes. Le son sourd des tirs de chars résonnent toujours plus forts à mesure que nous avançons. Les drones - ces oiseaux prêts à fondre sur leur proie - qui survolent sans cesse la zone, sont de mauvais augure pour notre voiture, animal sans défense que rien ne protège, ni les signes de presse ni le drapeau blanc. Retour donc à Jabaliya, toute proche, pour un temps encore épargnée, où des centaines de Palestiniens ont trouvé refuge dans les écoles de l’UNRWA, l’organisme des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens. « Trois mille personnes sont déjà là, indique Tayssir Abou Laben, un employé de l’Onu. L’école est pleine. On ne refuse personne mais ils doivent s’installer dans la cour, par terre. Que faire d’autre ? »

 

Sofiane Juda arrive de al-Attatra, la dernière localité palestinienne au nord de la bande de Gaza, particulièrement exposé. Il raconte : « Hier, vers cinq heures du matin, les chars israéliens sont entrés à al-Attatra. Ils ont tiré sur les maisons, sur les gens et même sur les vaches. Ils ont lancé des gaz qui nous empêchaient de respirer. Il a fallu qu’on parte précipitamment, sans rien pouvoir emporter. Mon oncle a été tué et on n’a pas pu emmener son corps. Il git là-bas, sans sépulture. » Sandrella Saleh vient de Beit Hanoun. Elle parle aussi de ces gaz suffocants. Très certainement des gaz lacrymogène particulièrement puissants comme ceux utilisés par les Britanniques en Irlande lancés par un MK-19, évidemment de fabrication américaine. « Une grenade est entrée dans notre maison, déplore la jeune femme en faisant la queue pour s’inscrire auprès de l’UNRWA. « Mes enfants sont particulièrement affectés, ils sont très nerveux et développent des tics depuis cette nuit, se plaint-elle. Moi-même, je suis enceinte de quatre mois, je ne sais pas ce qui va se passer. » Son mari est resté à Beit Hanoun. « Il dit qu’il préfère mourir sur place ».

 

Hannan el Assari, arrive elle de Soudaniya, un quartier tout proche de Gaza qui s’étend jusqu’à la mer. « Hier, des bateaux et des hélicoptères ont tiré sur nous, des balles ont traversé la maison », se souvient-elle encore tremblante, ses enfants regroupés autour d’elle. « Pas très loin, la résistance a commencé à répliquer en tirant sur les Israéliens qui tentaient d’avancer en lançant des fusées éclairantes. Les combats se sont arrêtés vers 2h30. On avait tellement peur. Ma fille de 14 ans s’est fait pipi dessus. Deux autres de mes filles sont maintenant à l’hôpital tant elles étaient choquées. » Elle demande au journaliste de transmettre son appel. « Je demande aux pays du monde de protéger nos enfants. Quand je regarde mes filles, je me demande qui va mourir la première. Nous ne sommes que des civils. »

 

Alors que le martèlement des obus israéliens est couvert par intermittence par le départ des rockets palestiniennes qui laissent une traînée blanche dans le ciel, la voix du muezzin s’élève de la mosquée toute proche. Il prévient la population qu’il y a des morts, qu’ils vont être enterrés.

Dans le cimetière limitrophe, Ramadan et Ahmed, les fossoyeurs, creusent des trous au milieu des tombes. « Nous attendons les corps de trois ou quatre enfants », disent-ils entre deux pelletées.

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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