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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 22:04
Réforme ferroviaire : les raisons d’une grève massive !

Réforme ferroviaire : les raisons d’une grève massive !

Marion d'Allard

Dimanche, 15 Juin, 2014

 

Sixième jour de grève pour les cheminots contre le projet de réforme ferroviaire. Le texte doit être présenté mardi à l’Assemblée. La CGT et SUD rail appellent à amplifier le mouvement.

 

Frédéric Cuvillier voulait croire à une « sortie de crise » jeudi soir, à l’issue de sa rencontre avec les syndicats de cheminots. Les maigres engagements pris par le secrétaire d’État aux Transports ne suffiront pas. « Pour la première fois, lors de notre rencontre avec Frédéric Cuvillier, la question du financement du système a été évoquée », relevait, vendredi soir, Gilbert Garrel, secrétaire général de la CGT des cheminots. Mais évoquer n’est pas régler. Pour le reste, le secrétaire d’État a mis sur la table certaines propositions pouvant faire l’objet d’amendements lors du vote du projet de loi que le gouvernement continue de vouloir présenter demain à l’Assemblée nationale. Des propositions « qui comportent de nombreuses failles », résument la CGT et SUD rail qui ont appelé les cheminots « à poursuivre et à amplifier le mouvement ». « Le gouvernement affirme que les réponses apportées dans ce texte proposé à la signature sont de nature à répondre aux légitimes préoccupations des usagers et des cheminots. (...) il est évident que ce ne sont pas des engagements de Monsieur Cuvillier sur des amendements soumis à une validation éventuelle des parlementaires qui peuvent permettre de mettre un terme à ce conflit », écrivent Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, et Gilbert Garrel, dans une adresse à François Hollande.

 

Gouvernement et direction de la SNCF ont beau communiquer à l’envie sur une réforme permettant la « réunification » d’un système éclaté depuis 1997 et la création de RFF, en mettant en place deux établissements publics (Épic) chapeautés par un troisième dit « Épic de tête », le projet de loi propose, de fait, de réunifier deux entreprises en en créant trois. « Le gestionnaire du réseau (RFF – NDLR) et le transporteur (SNCF – NDLR) seraient deux entreprises distinctes avec chacune leur propre conseil d’administration, des contrats distincts avec l’État et une production séparée qui ne permettra pas d’assurer un transport ferroviaire de qualité tout en réalisant les travaux utiles sur les voies », rappelle la CGT. Par ailleurs, le projet de loi n’aborde pas la question du désendettement du système ferroviaire lesté de plus de 40 milliards d’euros de dette en grande partie contractée par l’État lors du développement des lignes à grande vitesse dans les années 1980, se bornant à en « stabiliser » le montant. Une question du financement pourtant primordiale en ce qu’elle conditionne le volet social de cette réforme. En grève reconductible depuis six jours, les cheminots se battent aussi pour ne pas devenir la variable d’ajustement d’un système 
à l’asphyxie.

 

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