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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 20:58

Marquées par la lutte contre l’austérité en Europe, les manifestations ont parfois durement été réprimées comme en Turquie ou au Cambodge. Au Bangladesh (photo) à la forte tradition syndicale, le 1er Mai s’est une nouvelle fois déroulé à l’aune de la tragédie du Rana Plaza.

 

Les travailleurs européens n’ont sans doute jamais eu autant de raisons de prendre la rue un 1er Mai. Dans une période marquée par la poursuite des politiques d’austérité, la récession et des taux de chômage record, le message était clair d’Athènes à Madrid à la veille des élections. En Grèce, plus de 8 000 personnes ont rejoint deux cortèges au cri de : « La richesse est produite par les travailleurs eux-mêmes et non pas par les capitalistes ». Des employés municipaux, menacés de licenciement, lançaient pour leur part : « Prenez les mémorandums (plan de mesures de rigueur) et allez-vous en ». La mobilisation était néanmoins en deçà de celle des années précédentes, signe de l’épuisement des Grecs, étranglés par les plans d’austérité. L’Espagne dénonçait quant à elle « la dictature de la troïka ». Dans un manifeste commun, les centrales syndicales ont indiqué que « les politiques d’austérité de ces dernières années ont entamé la cohésion sociale et le prestige des institutions politiques nationales et européennes et entraîné un important déficit démocratique ».

 

En Turquie, un mois après la victoire de son parti aux élections municipales, le premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, a sans nul doute pensé avoir toute la légitimité pour réprimer les manifestations. À Istanbul, les manifestants, qui s’avançaient vers la place Taksim, emblématique de la contestation du régime, ont essuyé des tirs de canon à eau et de gaz lacrymogènes avant de faire face aux assauts de la police anti-émeutes. Les environs de la place avaient d’ailleurs des allures de camp retranché, surveillés par 40 000 policiers.

 

Au Cambodge, où se déroule actuellement une grève monstre de 20 000 travailleurs du textile, les rassemblements ont également été durement réprimés. Malgré l’interdiction des manifestations depuis janvier, et un « état d’urgence qui ne dit pas son nom », selon l’opposant Sam Rainsy, les syndicats ont appelé les Cambodgiens à protester en faveur d’un doublement des salaires à 160 dollars et pour la libération des 23 syndicalistes actuellement en procès suite aux manifestations de janvier. La municipalité de Phnom Penh avait d’ailleurs banni les cortèges au parc de la Liberté et dans « tout autre lieu public » autorisant seulement les rassemblements dans les bureaux et les usines. Fragilisé, le pouvoir craint plus que tout la convergence des luttes politiques et sociales ; la police a ainsi dispersé les manifestants à coups de matraque et de bâton. « Les droits des travailleurs ont été bafoués », a tonné Ath Thorn, président de la Confédération des travailleurs des industries textiles, dont les militants ont néanmoins défilé autour du parc et aux abords de l’Assemblée nationale. Le premier ministre Hun Sen a d’ailleurs tenté de décourager les travailleurs en brandissant la menace d’un départ des investisseurs.

 

Dans un Bangladesh à la forte tradition syndicale, le 1er Mai s’est une nouvelle fois déroulé à l’aune de la tragédie du Rana Plaza, la pire catastrophe industrielle du pays, de l’absence de sécurité pour les travailleurs du secteur textile et des maigres salaires. Entre janvier 2010 et juin 2013, les travailleurs ont dû faire face à 1 063 accidents. À Séoul, Hong Kong, Singapour et Taïwan, les rassemblements ont enfin été marqués par un mot d’ordre commun autour de l’inflation galopante, le creusement des inégalités et la hausse des prix des logements.

 

 

 

1er mai : Le monde au rythme des cortèges

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