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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 21:32
Hollande, hier, à Carmaux.

Hollande, hier, à Carmaux.

Frédéric Durand - L'Humanité : Jeudi, 24 Avril, 2014

 

 

La visite du président à Carmaux, deux ans après sa venue comme candidat, a débuté par des sifflets et s’est conclue par un discours convenu sur Jean Jaurès.

Sept-cent treize jours. C’est plus qu’il n’en fallait pour retourner une opinion publique désormais exaspérée par les promesses trahies. Et c’est sous une pluie de sifflets que fut accueilli, hier, à Carmaux, François Hollande, président de la République. Volatilisés l’enthousiasme et les cris de joie qui ponctuaient, le 18 avril 2012, le discours du candidat Hollande dans la ville symbole du socialisme. « Vous ne parlez pas comme Jaurès, Monsieur le président, vous ne tenez pas vos promesses ! » Dans le ton de l’habitante qui cueille l’hôte de l’Élysée dès son arrivée, on ne perçoit pas d’agressivité mais plutôt une profonde amertume et beaucoup de déception. D’abord parce que les citoyens de la ville ont été tenus bien à l’écart des cérémonies d’hommage, derrière les barrières de sécurité et le dispositif protocolaire. « Hollande veut un rapprochement avec Jaurès mais fuit la rencontre avec le peuple. C’est très loin de la pensée jaurésienne », pointait, mardi, Michel Bélières, secrétaire général de la CGT du Tarn, dans le Figaro.

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Surtout, faire vibrer la fibre sociale de Jaurès avec, dans son cartable, un plan de rigueur de 50 milliards d’euros, tenait de l’irrecevable. Élève pragmatique, Hollande le savait, qui s’est évertué à glorifier davantage le Jaurès républicain que le Jaurès socialiste. « Un socialiste mais un socialiste qui voulait pousser la République jusqu’au bout. »

Surtout, pas la moindre référence au discours prononcé deux ans plus tôt, où il était question que « les revenus du capital soient frappés », où le président Sarkozy se voyait conspué pour son « projet caché », et Hollande de condamner alors tour à tour « la remise en cause du droit à la retraite, du droit à la santé (…), la fiscalité ». Et, point d’orgue de l’envolée, « cette TVA qui arrive. Non, elle n’arrivera pas, nous l’empêcherons, nous l’arrêterons ». Pas bien longtemps puisque son gouvernement l’augmentera dès janvier 2013.

Mais en avril 2014, modestie d’un premier bilan oblige, c’est un Jaurès bien lisse que va présenter le chef de l’État. « Comment l’homme des combats, des luttes, des affrontements, va-t-il devenir une figure consensuelle ? » fait-il mine de questionner.

Réponse : « Parce qu’il s’est élevé au-dessus de son propre parti, il s’est affranchi d’une doctrine… » [S'élever au-dessus de son parti, voilà qui doit parler aux Lempdais-e-s et surtout aux militant-e-s socialistes Lempdais à l'issue de l'élection municipale, mais nous ne nous permettrons pas de donner de leçon pour autant ! Il est d'autres personnalités qu'Hollande qu'on ne peut plus sauver, mais pour nous l'essentiel est de sauver la gauche ! Ndlr] S’affranchir de toute idéologie pour se consacrer au réel. Et le sacro-saint réformisme dont il pare Jaurès tombe à point pour dissimuler des renoncements toujours plus visibles pour une majorité de Français. « Aux impatients, que je comprends (…), l’histoire apprend la complexité des grandes tâches. » Au passage, les mécontents sont rebaptisés « impatients », « empressés ». Bien qu’il se soit défendu « d’utiliser Jaurès pour justifier des propos de circonstances », François Hollande a tenté hier de faire passer en filigrane un message : dans un monde qu’il a décrit comme « transformé », une « Europe construite », « une économie globalisée » et un contexte où la politique est « dépassionnée », « sans doute Jaurès ferait-il aujourd’hui ce que je fais moi-même ». Citant Mitterrand, Hollande disait en 2012 : « Jaurès a toujours su s’écarter des deux périls qui menacent tout engagement, l’excès d’idéalisme qui fait perdre parfois la conscience des réalités, et l’excès d’opportunisme au nom d’une gestion qui ne peut pas servir un idéal. »

Reste l’excès d’opportunisme qui ne sert même plus la gestion. Aux yeux de beaucoup, Hollande en est désormais comptable.[Sans commentaires ! Ndlr]

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L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Politique
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