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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 21:42

On nous annonçait une équipe resserrée, nous voilà avec un gouvernement rabougri. Son soutien politique s’est restreint avec 
le départ d’EELV et même si la crainte qu’une débandade suive la déroute conduit beaucoup au silence, la confiance n’est pas votée d’avance et unanimement dans les rangs du groupe socialiste.

 

Alors que les électeurs ont sanctionné le cap de François Hollande, il revient à Manuel Valls d’habiller de dynamisme et d’autorité – et d’autoritarisme, c’est à craindre – le tournant libéral. Pour la crédibilité de l’entreprise, il a dû s’accommoder de Christiane Taubira, malgré leurs dissensions, et d’une escouade de proches de François Hollande, qui ont pour mission de veiller au grain. Il a su rallier Arnaud Montebourg qui, flatté par un grand ministère de l’Économie, devient l’un des principaux promoteurs du pacte de responsabilité et aura en charge la « politique de l’offre ». Qui a donné les gages ? Qui est l’otage ? Toujours est-il que celui qui prétendait refuser l’austérité a accepté le plat de lentilles proposé. Benoît Hamon a fait le même choix, quitte à décontenancer les membres de son courant. Mais l’opération de communication résiste mal aux rendez-vous : quelques secondes avant que le secrétaire général 
de l’Élysée égrène 
les noms 
des titulaires 
de portefeuille, François Hollande dévalait le perron 
pour embarquer dans la limousine qui devait 
le conduire à Bruxelles où l’on apprécie les vertus 
du pacte de responsabilité, des 50 milliards de réductions des dépenses publiques et des attaques programmées contre la Sécurité sociale et son financement.

Ce gouvernement

Il n’y a donc aucune bonne surprise dans ce cabinet. L’homme qui voulait liquider l’appellation socialiste du nom de son parti est chargé de mettre en œuvre une politique qui n’a rien à voir avec la gauche, comme il le confirmera dans sa déclaration de politique générale, mardi prochain. l’UMP Patrick Devedjian ne s’y est pas trompé en saluant dans la nomination de Manuel Valls « un coup de barre à droite ». Nous sommes donc aux antipodes du signal pourtant fort adressé par les électeurs de gauche. La voix de ces derniers se fera-t-elle entendre dans l’Hémicycle au-delà des députés Front de gauche ?

 

Les députés et les sénateurs EELV prendront-ils enfin des distances avec les politiques d’austérité qui maltraitent les milieux populaires et rendent illusoires les politiques de développement durable ?

Des députés socialistes se prononceront-ils à l’unisson de beaucoup de leurs adhérents pour refuser cette circulation à contresens ?

 

Un rendez-vous prend corps pour ne pas laisser cette porte claquée au nez des électeurs les désespérer. Le 12 avril, la marche nationale contre l’austérité à Paris voit confluer des courants divers de la gauche, des militants syndicalistes et associatifs, des personnalités progressistes, pour imposer un grand débat sur les alternatives, donner de l’élan aux revendications jusqu’à des politiques de transformation, permettre un débouché populaire aux sentiments reflétés par les urnes, combattre le sentiment de fatalité qui facilite les entreprises libérales.

 

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