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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 21:18

Sur les estrades de la campagne électorale, les candidats des partis qui ont voté d’une même voix le traité de Lisbonne s’accordent sur un point : pas question pour eux d’ouvrir le débat sur les choix qui guident l’actuelle construction européenne, à l’origine des politiques d’austérité.

 

Une campagne, quelle campagne ? Lancé officiellement le 14 avril, le débat électoral en vue du scrutin européen du 25 mai est proche de l’encéphalogramme plat. « La campagne a démarré dans un silence assourdissant. L’abstention risque d’être la grande gagnante, beaucoup de nos compatriotes ne voient ni le sens ni l’intérêt de cette élection », constatait, la semaine dernière, Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques-Delors, un think-tank qu’on ne peut soupçonner d’être hostile à la construction européenne actuelle, et qui tente de susciter l’engouement des citoyens en organisant des débats publics avec les principales têtes de liste dans les grandes circonscriptions, comme à Paris, jeudi dernier.

 

À qui la faute ? Les grands médias télévisuels sont évidemment pointés du doigt par les rares électeurs qui assistent à ces échanges, accusés justement de ne pas faire la part belle à la confrontation des idées et des programmes des candidats sur les grands enjeux européens. Mais encore faudrait-il que les candidats eux-mêmes soient prêts à discuter devant les électeurs des grandes orientations de la construction européenne. Et, le cas échéant, des alternatives qu’il serait possible de mettre en œuvre.

 

On est encore loin du compte. Non que l’austérité et ses effets nocifs ne fassent pas réagir les candidats. Mais, derrière le mot, tous ne désignent pas les mêmes politiques – selon qu’ils soutiennent la politique de l’actuel gouvernement, comme le PS ou dans une moindre mesure les Verts, ou qu’ils l’aient mise en œuvre par le passé, comme l’UMP et l’UDI –, ce qui n’aide déjà pas les électeurs à s’y retrouver. Ainsi, le PS dénonce avec raison « l’Europe de l’austérité », mais sans y inclure la politique de François Hollande et Manuel Valls, pourtant marquée du sceau de cette politique. Quant à l’UMP, à l’inverse, elle prétend que le gouvernement de François Hollande et Manuel Valls serait le « premier responsable » de la « ruine des Français » et « du décrochement de la France ». Sans rôle ou instructions de Bruxelles, donc, ni responsabilité de Nicolas Sarkozy jusqu’en 2012.

 

Mais, surtout, aucun, à l’exception notable des candidats du Front de gauche, ne met en cause le sens même de la construction européenne souvent codécidé sans l’avis de leurs peuples par les gouvernements – quand ce n’est pas contre eux, comme l’ont montré les suites du non français au référendum de 2005 – pour proposer d’en changer le cours en redonnant la parole aux citoyens.

 

Le député Front de gauche au Parlement européen et directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, prévenait ainsi, jeudi dernier :

« La construction européenne s’engage dans une impasse terrible si elle ne devient pas l’affaire des jeunes et des peuples. Le peuple a voté contre un traité européen, pas contre l’Europe. Quel avenir peut-on envisager si ne s’ouvre pas de solution à la crise et si les peuples n’ont pas leur mot à dire? »

 

Élections européennes : la patate chaude de l’austérité

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