Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 22:53
La République abîmée !

À chaque jour ou presque son affaire d’écoute(s) concernant l’ex-chef de l’État.

Et nous nous disons que, décidément, la France n’en a pas fini d’essayer de tourner la page de la Sarkozie dont certains rêve­raient un bis repetita.

Qu’on le veuille ou non, les malins, les coquins 
et les cyniques n’ont pas quitté la scène, ils aspirent toujours, comme au temps béni du pouvoir suprême, 
à l’impu­nité absolue et à l’affranchissement des règles 
de droit. Mis sur écoute par la jus­tice depuis des mois, Nicolas Sarkozy serait maintenant suspecté de trafic d’in­fluence. Bettencourt, Karachi, Tapie, Kadhafi, sondages de l’Élysée, etc. : voilà une affaire de plus, symbole d’un homme en bande organisée, rattrapé par ses pro­pres modes de fonctionnement. Comme si nous étions en permanence ramenés en arrière. Jamais un système présidentiel – clanique et vulgaire – n’aura été cerné  de si près par des juges anticorruption. Con­seillers, collaborateurs, ministres, amis, magistrats, grands flics, hommes d’affai­res et désormais avocat, toute la garde rap­prochée, de près ou de loin, a eu affaire à la justice et à la police ces deux dernières années.

Ce feuilleton Sarkozy pourrait avoir l’apparence d’un paradoxe ; il est au con­traire un symptôme. Ou bien nous croyons qu’il ne s’agit là que de la mauvaise écume des puissants ; ou bien nous pen­sons que ces affaires à répétition nous disent quelque chose de l’état de nos insti­tutions et de la formation économico-idéo­logique de nos « élites », témoin d’une sale époque. D’ailleurs, pourquoi nous sentons-nous si concernés? 
C’est assez simple: si la vie des Français avait vrai­ment changé depuis un certain soir de mai  2012, la question 
d’un retour de la Sar­kozie, avec son Bonaparte à sa tête, 
ne se poserait même pas...

La République abîmée !

Gagner une élection ? Oui bien sûr. Mais préparer un autre à-venir, c’est aussi enga­ger (et non pas tirer) les leçons du passé. Le sarkozisme était à la fois une perver­sion de nos institutions et son illustration éclatante, l’un s’étant nourri de l’autre. Preuve que « la République ! » chantée et louée du matin 
au soir ne prémunit en rien des dérives quasi monarchiques. La tentation bonapartiste, camouflée derrière les ors républicains et même démocrati­quement compatible avec 
le monde-mar­chand, est une vieille histoire française…

Pour en finir avec l’oligarchie des puis­sants qui ont mis la main  sur « la » politi­que, il aurait été mieux, il serait mieux, de changer de République. Cette idée, cette exigence plutôt resurgiront dans le débat public plus vite peut-être qu’on ne l’ima­gine. L’urgence reste d’inventer un autre régime de gouvernance qui appréhenderait la société comme une totalité et lui pro­poserait un destin, un vrai, qui ne soit pas seulement une promesse de survie au milieu de la jungle du capitalisme et de la finance. En ces temps d’hyper ou d’ego-prési­dence, 
une conclusion s’impose : en abî­mant « la » politique, la Sarkozie a abîmé la République et l’espoir citoyen, jadis mêlés. Les bonnes âmes de la gauche bobo sociétalisée feraient bien de ne pas en rire. Car l’affaire est aussi 
et d’abord politique, avec une toile de fond économi­que et sociale épouvantable sans laquelle nous ne comprendrions pas l’ampleur de la crise actuelle et le ressentiment des citoyens à l’égard de l’action publique.

La République abîmée !

À ce propos. Depuis combien de temps avons-nous le sentiment de ne plus être maîtres de notre destin, soumis que nous sommes, par la droite et les sociaux-libé­raux, à un corpus idéologique commun, qui s’accorde si bien avec les cadres insti­tutionnels actuels ?

La République abîmée !

Partager cet article

Repost 0
L'HUMAIN AVANT TOUT Canton de Pont-du-Château - dans Billet d'humeur
commenter cet article

commentaires